Spéculer, c’est ma grande passion. J’ai découvert ça quand j’étais vendeur à la Fnac. Chaque jour, mon métier était de vendre des vieux films en DVD, âgés de plus d’un demi-siècle (comme « Casablanca ») à des prix comme 23 euros (tout en sachant qu’il est à 10 euros sur le site du magasin). Stimuler les gens, je suis fort à ça. Blue-Ray ou DVD, la technique est la même : « Non monsieur, c’est pas cher pour un film de cet acabit, d’autant plus qu’il a été remastérisé à partir des vraies bandes originales du début qu’y’en a pas d’autres pour une qualité sonore et vidéo hors du commun, on a enlevé toutes les imperfections, on a remplacé les armes par des talkies-walkies, et surtout c’est de la haute définition, édition collector pour toi chez toi ». Les gens sont facilement ébahis, ils sentent tout d’un coup ce sentiment de perfections de ultrabright-very-best of de la marchandise.
Il y a deux domaines où détruire l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » est d’une facilité consternante: l’informatique et la pharmacie. Comme j’ai quelques années à perdre, j’ai choisi la pharmacie. J’ai donc fait 6 ans d’études, dont une partie en tronc commun avec des médecins qui avaient comme hobby de nous mépriser et je me suis immiscé dans une petite pharmacie urbaine, le rêve américain quoi
Depuis que la droite est au pouvoir, Loretta Urgo, ma voisine de palier et moi même nous nous amusons comme des petits fous. Récemment, on a fait une blague au concierge. Depuis la sortie de la loi HADOPI, chaque citoyen est responsable de sa connexion wifi, or les fournisseurs d’accès à internet comme Numéricable (le fournisseur de mon concierge), Orange ou encore Alice utilisent pour la plupart de leurs box un système de sécurité par défaut nommé WEP qui se casse en 10 minutes. On a donc piraté son réseau et téléchargé pour rire plusieurs fois l’entière discographie de J.J. Goldman. L’effet frederic mitterand immediat a été d’avoir son accès internet coupé pour cause de contrefaçon de musique Universal. Le plus drole dans l’histoire, c’est que ce concierge est sourd, et que internet était le seul moyen de communiquer avec son fils unique qui habite a des kilomètre.
La loi hadopi a été votée pour arrêter le « pillage » musical, et ce à contre courant de toutes les études qui prouvaient que cela stimulait la consommation culturelle, alors qu’en fait les vrai pilleurs de musique, c’est nous.
Avant de devoir m’atteler à la très humaniste tâche de réaliser une publicité pour des cornichons, j’étais vendeur dans un supermarché. D’abord spécialiste en papeterie, je me suis spécialisé dans le rayon Hi-tech (je ne vous cacherai pas que dans le métier, c’est clairement une promotion). J’ai vendu des milliers de téléviseurs dit « HD » en ne précisant pas que c’était un terme générique et pas un standard et que de ce fait il faudra changer d’appareil dans un an (pas la peine, finalement ils le font très bien tout seul au final). J’ai vendu également des milliers de lecteur HD-DVD en promettant une qualité d’image « incroyable », un son « immergeant », une définition « impeccable » sans préciser que ce format était en concurrence avec un autre qui allait prendre le dessus.
J’ai fait dépenser des sommes incroyables à des gens qui n’avait pas d’argent (surtout pendant les coupes du monde de football) sur des produits qui étaient déjà périmés puisque sans aucune normalisation des standards, et maintenant inexploitables.
Ce genre de performance est réalisé avec des phrases comme « l’image est tellement précise que vous allez pouvoir lire les publicités placés dans les rues dans les courses poursuites du film » suivit d’un petit rire pour marquer la touche amicale avec le client (et surtout un recours juridique en cas de poursuite : « mais non j’ai ris, c’était une blague »). Bingo, je te vend 10 lecteur de laser-disc sans garantir qu’il y aura des films vendu sous ce format. Je suis devenu publicitaire. Read more »
Il y a quelque temps, j’ai fait l’acquisition d’un chat. En fait j’ai fait bien attention, j’ai pris une chatte, comme ça je peux faire tout plein de jeu de mot au travail pour faire rire mes supérieurs (exemple d’hilarité : » Ce matin, ma chatte avait des puces »), et pour mettre à l’épreuve mes intérimaires étudiants (si ils sourient, je leurs enlève un tire-pal prétextant qu’ils ne sont pas assez mature pour en avoir un). Je me sens moins seul chez moi, je l’ai appelé « AAAAH », ce qui me permet de hurler pour décompresser à chaque fois que je rentre du travail.
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Cela devait arriver, comme disent les Justins Timberlake, « ce qui se passe autour, passe autour », j’ai fini par accepter un emploi de chef de rayon au Carrouf en Gironde. En réalité, j’ai remplacé un ami qui a eu la délicieuse idée de fusionner son pied avec une tour de palette.
L’accident bête, un ouvrier qui travaillait depuis trois heures du matin en jouant à tétris avec des palettes de couches culottes (je vous rappelle que l’été arrive, et qu’on ne peut plus jouer à « combien de temps bébé tient dans la même couche » du fait de la chaleur). Voyant ses actions placées chez son hôte professionnel s’effondrer, il a voulu faire les trois huit dans la même journée, il s’est heurté à une tour de palette de tampon hygiénique (c’est pourtant basique, tout le monde sait que ces deux produits, en grande compétition, ne peuvent pas se blairer, un peu comme le sodium et l’eau… manque d’éducation probablement). Toujours est il que mon collègue se trouvait a coté de cette tour de produits féminins sans les chaussures de sécurité (c’est moche et puis on doit se les payer soit même), vous pouvez y voir l’audace du féminisme rampant, et maintenant il ne peut plus raisonnablement prétendre à un spectacle de claquette (les médecins ont dit qu’ils n’avaient pas vu un tel bordel dans les os d’un pied depuis Lucy).
Je ne sais pas pourquoi, quand je parle de mon métier de publicitaire à des gens, ils s’imaginent tout de suite que je suis un grand schizophrène cocaïnomane, sur de lui qui passe son temps dans des palaces à se taper des bombes qui n’ont pas atteint le seuil fatidique des 25 ans. Et pourtant, la réalité est toute autre. Mon bureau est à Levallois dans le 92 (vous savez c’est la ville qui reçoit tout les bulletins jeux concours de magazine télé), je n’ai pas de bureau, je travaille dans un open-space que je partage avec mon ami, Mario (et deux stagiaires qui sont là pour remplir le tableau quand le grand patron viens jetter un coup d’oeil).
Mario et moi, on est tout les deux de la même ville , Clermont-Ferrand, où on a fait la SBMCF (la School of managment and Buisness of Clermont Ferrand) avec Mathis, Cléo (je n »y peux rien, c’est les parents qui sont cruels) et Marie-Charlotte. C’est une école privé qui nous formait en 9 mois, et nous donnait une équivalence Bac+3. Le diplôme n’était pas reconnu par l’état. Mais qu’importe, ça rassurait les parents d’autant plus que que ça nous permettait d’éviter de suivre la carte scolaire qui était d’un cosmopolitisme presque obscène (oui à Clermont, il y a eu des invasion, il s’y passe des choses). Les cours étaient assurés par des intervenants de renommé. Nous avons eu par exemple, le monsieur qui avait fait le montage logo sur la photo de Miterrand sous la direction de Jacques Séguela, un type formidable.
`Toujours est il qu’on est loin des paillettes, et que parfois je dois faire jusqu’à deux changements dans le métro (mais j’utilise pas deux tickets, c’est mon coté rebelle). Il y a deux mois de ça, on a eu une commande pour une célèbre entreprise qui fait des condiments du coté de Dijon (ouais Amora). Il fallait faire une pub pour des cornichons qui était destiné à la radio. Alors branle-bas de combat (j’ignore totalement ce que veux réellement dire cette expression), c’est le brainstorming total ( la tempête de cerveau) dans notre open-space qui donne presque sur la défense (je vois un reflet fugace dans l’immeuble d’en face).
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Je ne suis pas vraiment misogyne, ça se saurait. Je demande rarement le nom d’une fille en soirée pour éviter de croire que je lui consent un quelconque intérêt, ça s’appelle le respect. Mais quand j’allume ma télévision (je sais bien que mes plus vieux lecteurs disent « ouvrir la télévision », mais je m’en fiche), et que je vois une publicité misogyne, je me dis que le Web 2.0 n’était pas finalement obligatoire. C’est le cas des K des kris qui passe en ce moment, un vrai moment de détente masculine qui a des « bollocks ». Cliquez donc sur « Read More ».
Comme je suis un mec cool (si si souvenez vous), et que j’aimerai bien tourner la page avec ce chanteur, j’ai décidé de vous offrir son clip inédit ( ce qui veux dire « pas sur dailymotion ») : Pression Artérielle. A vous les studios, et merci à NicoP de Saintes en Gironde pour son apport à ce site.
Nous approchons des fêtes de Carême, et à cette occasion, nous, les athées, mangeons beaucoup plus que d’habitude. Il est donc important de savoir comment être cool. Heureusement, des sites tels que dailymotion, youtube ou encore youporn, nous mettent sous le feux des projecteurs des véritables modèles de classe pour que nous nous en inspirions. Je ne dirai rien sur Mickael Vendetta qui était évidement un fake pour me concentrer sur un gars qui a vraiment de la classe : Damien Jean. Je suis d’autant plus chaud (et bien oui, vous pensez que cela coule de source d’écrire un article sur un blog dont les visiteurs n’octroient à peine en moyenne que 1min15 de leurs vies ?) que mes confrères de comicsansms ne sont pas encore au courant, ces ringards.
Damien Jean, dont la sonorité simple du nom est à l’égal de l’humilité du personnage, est un freelance song’star sur internet. Grâce à son tube « C’est mon rêve », il fait trembler le dancefloor. Mais plus qu’une véritable révolution, c’est un véritable cours de « cool attitude » . Je vous propose, après une courte coupure blog pour vous faire croire que cet article est moins long qu’il n’y parait, de voir et d’analyser ce clip.
Salut les kids, je vous propose encore une fois un approfondissement du monde merveilleux des hypermarchés. Je dois vous avouer que nous sommes un peu en fête au Carrouf de Labège parce que l’un de mes amis, Steeve Jackson, a été promu il y a peu. Avant il était commanditaire d’une société de Chewing-gum, et il est devenu chef de secteur.
Ne sous estimez pas le rangement des confiseries, c’est « bâtard » comme dirait cet ami. Il les plaçait de manière optimum dans le but de rendre vos enfants fou d’envie, que ces derniers vous harcèlent jusqu’à que vous craquiez devant une caissière et des clients médusés de votre incompétence parentale. Cette manipulation, tout à fait calculée, vous oblige à oublier que ces petites cochonneries qui donnent du gout synthétique pendant 3 ou 4 bonnes minutes sont vendues entre 30 et 40 euros le kilo.
Donc je vous disait que mon ami, avec qui il n’y a aucune équivoque sexuelle, est devenu chef de secteur, le miens, le 31. Oui parce que les rayons sont regroupés en départements qu’on appelle « secteurs », eux même redéfinis par un chiffre. Cela permet aux vigiles d’être plus classe devant les clients avec leurs talkies, ce qui accroit la crainte qu’ils inspirent. C’est plus classe de dire « code 23 repéré secteur 28″ que » ya un môme qui a vomit devant la grosse paëlla », ça fait plus F.B.I. D’ailleurs, les vigiles les plus gradés ont le droit à la petite oreillette transparente qui leurs confère l’aspect Matrix, légèrement érodé par le petit symbole du supermarché (un oiseau – pour la liberté ).
Le secteur 31 a un nom, c’est le secteur bazar, cela concerne tous les accessoires, la papèterie.. ainsi qu’un panel d’objets qui traumatisent les jeunes doctorants qui doivent financer leurs thèses en faisant des interminables et très mal payés inventaires.
Steeve me faisait cette reflection : » être chef de secteur, c’est un peu être dieu ». Alors oui, cet homme est sensiblement un « con fini » comme on disait une fois par an dans mon Connecticut natal. Mais il soulève ma problématique, ou du moins mon sujet (car c’est mon blog, il n’y a ici pour moi aucun problème). Le seul Dieu qui existe parmi ce grand cirque de l’absolue abondance , c’est le Chiffre. Il est le maitre incontesté. Il manipule comme une marionnette l’humeur des chefs de rayons. Notez que c’est aussi un grand sujets de conversation chez les ouvriers qui comptent évoluer au seins de l’entreprise, ça fait classe et commercialement engagé, de la prostitution en quelque sorte. Le chef de rayon aime bien donner les bons chiffres. D’euphorie, il va même jusqu’à serrer la main au plus misérable de son royaume. Ce chiffre se transmet, s’analyse de rayon en rayon. C’est comme une émission qui vient de recevoir son taux d’audience
Dans les réserves des hypermarchés, il y a toujours ce petit panneau annonçant le montant annuel de la casse en euros ( inclus les objets que les employés n’ont réussi à voler qu’à motié – laissés déballés, le courage une fois parti). Une enseigne qui positive va même jusqu’à le comparer à l’achat d’un château en modulant le nombre de pièces de ce dernier en fonction du dit chiffre. Culpabilise ami ouvrier, ton boss ne se paieras pas de humble demeure.
Sachez que dans une autre grande entreprise, qui vend des meubles standardisés ainsi que le tournevis qui va avec pour éviter les surcout liées au passage en chine ( Oui, Ikea), chaque matin, la pré-annonce d’ouverture se termine par un très enjoué « Bon chiffre! » .
La pré-ouverture est un moment très important de la matinée. C’est le moment où chefs de secteur et de rayons se mettent à « locker » leurs sourcils en positions « fâché » pour insister sur le peu de temps qu’il reste pour ranger. Une voix nazi-iarde (permettez moi quelques excentricités, je vous prie)hurle dans les haut-parleurs qu’il faut très vite dégager les allées pour le nettoyage (il est très important qu’un client se sente dans un environnement aseptisé, sinon il se croit dans une superette communiste, achète moins, et Dieu Chiffre maigri - il en va de même pour la musique diffusée et la position d’un rayon face à un autre). Il pousse ses coups de gueule, merde on est pas super des winners là parce que le rayon boucherie n’a pas encore mis toutes les tranches d’animal mort qu’il avait reçu le matin. Ce petit monde fourmille dans la peur étouffante d’avoir un blâme psychologique, et ce, pour ne pas avoir cassé ses carton assez vite, chaque précédent fait pression sur son prochain, tout ça, pendant la grande procession quotidienne du pharaon président.
Tout va très vite, les enfants du Dieu Chiffre (les clients, ayez un peu d’imagination tout de même) sont déjà aux grilles, et ce bien avant l’ouverture. Et c’est bien fait car nous, les salauds, savons que plus un client est stressé et pressé, il sera moins regardant sur le prix et la quantité qu’il prendra. Le mieux dans tout ça, c’est qu’il adore être dans cet état. Il tuerai pour obtenir le « lot de bigorneau offert pour deux lots acheté » alors qu’il n’aime pas ça. Il devient haineux et avide jusqu’au passage en caisse où la pression retombe dans une lourde fatigue (rajoutez +30% par enfants qui accompagnent).
Mais lorsqu’il est là, à l’ouverture, il voit a travers les grilles de fer cette fourmillière de prolétaire qui s’active. Il est tout excité, il avance discrètement pour éviter que son voisin soupçonne son empressement et essaye de le doubler à son tour. Il a déjà son parcours en tête dans le magasin, il a même fait une liste des objets prioritaire. J’ai personnellement subi une charge de cadis de clients, c’était un samedi matin, j’ai mis deux semaines à m’en remettre.